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Etude anthropologique et paléopathologique d'un adulte inhumé puis incinéré provenant du site de Pincevent (Seine-et-Marne

The micro-excavation of a Late Bronze Age cinerary urn from Pincevent provided fragments of burnt bones of a slender young adult. Physico-chemical analysis gives evidence for a high temperature cremation. Microradiographs show characteristic erosions
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  Gilles GrévinCharles-A. BaudAlberto Susini Etude anthropologique et paléopathologique d'un adulte inhumépuis incinéré provenant du site de Pincevent (Seine-et-Marne) In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, Nouvelle Série. Tome 2 fascicule 3-4, 1990. pp. 77-87.  Abstract ANTHROPOLOGICAL AND PALEOPATHOLOGICAL STUDY OF AN ADULT, BURIED THEN BURNT, FROM PINCEVENT(YONNE) Summary. — The micro-excavation of a Late Bronze Age cinerary urn from Pincevent provided fragments of burntbones of a slender young adult. Physico-chemical analysis gives evidence for a high temperature cremation. Microradiographsshow characteristic erosions by bacteria, that may be explained by first process of inhumation occuring before the cremation. Theskull shows, after reconstruction, a large lacuna affecting the posterior part of both parietal bones ; the diagnosis would be ahealed trephination, or rather foramina parietalia permagna.RésuméRésumé. — La micro-fouille en laboratoire d'une urne cinéraire du Bronze final trouvée à Pincevent a mis au jour des fragmentsd'os brûlés d'un adulte jeune, relativement gracile. L'analyse physico-chimique montre qu'il y a eu incinération à hautetempérature. Les microradiographies révèlent une attaque bactérienne des os qui s'explique par une inhumation du sujet avant lacrémation. La reconstitution du crâne a mis en évidence une grande lacune intéressant la partie postérieure des deux pariétaux.L'srcine de cette lacune pourrait être une trépanation à laquelle le sujet aurait survécu, ou plutôt des foramina parietalia per magna.Citer ce document / Cite this document :Grévin Gilles, Baud Charles-A., Susini Alberto. Etude anthropologique et paléopathologique d'un adulte inhumé puis incinéréprovenant du site de Pincevent (Seine-et-Marne). In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, NouvelleSérie. Tome 2 fascicule 3-4, 1990. pp. 77-87. doi : 10.3406/bmsap.1990.1745http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0037-8984_1990_num_2_3_1745  Bull, et Mém. de la Soc. d Anthrop. de Paris, n.s., t. 2, n° 3-4, 1990, pp. 11 Л ÉTUDE ANTHROPOLOGIQUE ET PALÉOPATHOLOGIQUE D UN ADULTE INHUMÉ PUIS INCINÉRÉ PROVENANT DU SITE DE PINCEVENT (SEINE-ET-MARNE) Gilles Grévin*, Charles-Albert Baud** et Alberto Susini** Résumé. — La micro-fouille en laboratoire d une urne cinéraire du Bronze final trou vée Pincevent a mis au jour des fragments d os brûlés d un adulte jeune, relativement gracile. L analyse physico-chimique montre qu il y a eu incinération à haute température. Les microradiographies révèlent une attaque bactérienne des os qui s explique par une inhu mation du sujet avant la crémation. La reconstitution du crâne a mis en évidence une grande lacune intéressant la partie postérieure des deux pariétaux. L srcine de cette lacune pourr ait tre une trépanation à laquelle le sujet aurait survécu, ou plutôt des foramina parieta- lia per magna. ANTHROPOLOGICAL AND PALEOPATHOLOGICAL STUDY OF AN ADULT, BURIED THEN BURNT, FROM PINCEVENT (YONNE) Summary. — The micro-excavation of a Late Bronze Age cinerary urn from Pince vent rovided fragments of burnt bones of a slender young adult. Physico-chemical analys is ives evidence for a high temperature cremation. Microradiographs show characteristic erosions by bacteria, that may be explained by first process of inhumation occuring before the cremation. The skull shows, after reconstruction, a large lacuna affecting the posterior part of both parietal bones ; the diagnosis would be a healed trephination, or rather fora mina parietalia permagna. I. — INTRODUCTION Lors d'une campagne de fouille effectuée sur le site de Pincevent (26 II 078), une urne cinéraire datée du Bronze final a été mise au jour dans une couche de sable rouge-brun. Elle n était pas accompagnée de mobilier et les archéologues n ont relevé aucune trace de fosse. Cette urne en terre cuite, de forme tronconique, mesure 0,23 m de hauteur et 0,21 m de diamètre à l'embouchure. Les archéologues ont, par couches successi ves rbitraires de 0,03 m, soigneusement vidé le contenu qui ne consistait qu'en des fragments d'os humains brûlés. A chaque couche correspondait un sachet por tant l'indication de la profondeur des couches à partir du rebord de l urne. Des fragments osseux trouvés à l extérieur de l urne ont également été recueillis. Par la suite, ce matériel a été confié pour étude à l Unité d'anthropologie physi que u C.N.R.S.-C.R.A., Laboratoire de Draguignan. Après le nettoyage des frag- C.N.R.S.-C.R.A., Unité d Anthropologie physique, Laboratoire de Draguignan, 19, rue Frédéric- Mireur, 83300 Draguignan. ** Centre Médical Universitaire, 1, rue Michel-Servet, 1211 Genève 4.  78 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS ments, la totalité des pièces concordantes a été collée, ce qui facilite l'identifica tion stéologique. Celle-ci, suivie d'examens macroscopiques, microscopiques et physico-chimiques, a permis d'aboutir aux conclusions anthropologiques, tapho- nomiques et paléopathologiques qui font l'objet de cet article. II. — ÉTUDE ANTHROPOLOGIQUE Les éléments trouvés à l extérieur de l urne sont en rapport avec ceux qui sont contenus dans celle-ci. En effet, un fragment de frontal provenant de l extérieur concorde avec deux fragments du même os appartenant l'un à la couche 6 à 9 cm et l autre à la couche 13 à 15,5 cm du contenu de l urne. Les éléments osseux appartiennent à un seul sujet. Ce fait a pu être établi à partir de deux constatations : d'une part, l'absence de doubles de fragments situés anatomiquement ; ainsi, par exemple, il n'a pas été retrouvé deux condyles man- dibulaires gauches, mais un seul ; d'autre part, l'assemblage et le collage d él éments provenant des différentes couches de la fouille. On ne peut évidemment pas exclure le fait que, parmi les fragments non déterminés anatomiquement, certains puissent appartenir à un autre sujet, mais cela est impossible à mettre en évidence. Ce sujet unique est un adulte jeune, relativement gracile : — adulte, car toutes les épiphyses sont soudées ; — jeune, car d'une part, aucune suture crânienne ne présente le moindre début de synostose aussi bien au niveau de l'endocrâne que de l exocrâne, et d autre part, un fragment de symphyse pubienne gauche présente tous les caractères d'un sujet jeune ; — relativement gracile, puisque les éléments de la voûte crânienne, en parti culier, ont une épaisseur moyenne de 3 mm environ. Enfin, il n'a pas été possible de préciser le sexe du sujet. Parmi les éléments osseux subsistants que nous avons pu situer anatomique ment, es différentes parties du squelette sont représentées. Le poids total des fra gments est de 1191,4 g et sa distribution est la suivante : Crâne 131,6g Dents 3,2 g Axe vertébral 71,8 g Thorax 30,5 g Ceinture scapulaire 17,2 g Membre supérieur 115,0g Os coxaux 54,9 g Membre inférieur 171,4g Os longs non déterminés 184,8 g Eléments osseux déterminés mais non situés anatomiquement 6,3 g Eléments osseux non déterminés — Fragments 229,8 g — Esquilles 174,9 g  ÉTUDE ANTHROPOLOGIQUE ET PALÉONTOLOGIQUE D'UN ADULTE PUIS INCINÉRÉ 79 III. — ÉTUDE TAPHONOMIQUE L'étude physico-chimique prouve que les os ont subi l'action du feu. En effet, les constituants organiques de l'os (essentiellement une protéine fibreuse, le colla- gène) et le constituant minéral formé de cristaux ď apatite (un phosphate de c lcium hydroxylé contenant un peu de carbonate) se modifient de façon caractéris tique ous l influence d'une élévation thermique. La couleur de l'os passe du beige au brun, puis au noir, au gris-bleu, et enfin au blanc, au fur et à mesure que la température s'élève (Susini, Baud et Tochon-Danguy, 1988). Ces couleurs cor respondent à la pyrolyse, la carbonisation et enfin la destruction totale de la matière organique. Seule subsiste finalement la substance minérale modifiée. D'après la couleur de la très grande majorité des fragments osseux, ceux-ci paraissent avoir subi une ustion à une température élevée. Néanmoins, certains ont visiblement été soumis à des températures moindres. L'examen macroscopique montre que les os n ont conservé qu' approximative ment eur forme, car ils ont subi des rétractions et des torsions. Ils sont également devenus fragiles. L'analyse chimique confirme Г ustion à haute température et met en évidence l'absence de matière organique et une diminution d environ 50 % du taux de car bonate dans la substance minérale. La diffraction des rayons X et la microscopie électronique révèlent la présence de gros cristaux d'une taille approximative d'un micron provenant de la recristallisation à haute température des cristaux de la subs tance minérale osseuse. Par spectrométrie d'absorption infra-rouge, l'échantillon montre toutes les caractéristiques d'une recristallisation du minéral osseux à haute température, une augmentation de la résolution des bandes des hydroxyles (3 570 cm 1, 630 cm ') et une diminution importante des bandes de carbonat  s 1 465 cm - , 1 415 cm l). Cette recristallisation avec élimination partielle des carbonates est caractéristique d'une élévation de température supérieure à 660° C, témoignant par conséquent d'une véritable incinération (Baud et al., 1986 ; Susini, Baud et Tochon-Danguy, 1988). La spectrométrie d'absorption infrarouge a permis de constater aussi la pré sence de groupements pyrophosphates P2Û74~ dans le réseau apatitique par l existence de bandes à 3 540 cm 1 et 670 cm ~ l (Gonzales-Dias et al., 1976 ; Hidalgo et al., 1976). Les pyrophosphates se forment lors du chauffage de l'os et indiquent qu'on a affaire à de l'os en croissance ou à du tissu osseux qui subit un remaniement intense (Legros et al., 1978 ; Susini, 1986). La présence égale ment d'ions cyanamides (NCN)2~, bande à 2 010 cm ~ , localisés dans les canaux de l apatite (Dowker, 1980) et d ions cyanates (NCO) -, bande à 2 200 cm1, pro vient de l'évolution thermique des ions NH4 retenus dans la maille de l'apatite osseuse. Ils apparaissent lors du chauffage chauffage à 500° С et disparaissent vers 700°C (Vignoles, Bonel, Young 1987). L'srcine des Ions NH4 n est pas claire. Ils peuvent provenir aussi bien de la matière organique que d'une contamination pédologique. L'observation microscopique des microradiographies du cas met en évidence aussi des altérations typiques d'une attaque bactérienne post-mortem de l'os (fig. 4). En effet, les os en contact avec le sol peuvent être colonisés, selon le schéma suivant (Baud et Lacotte, 1984), par des bactéries dont on ne connaît pas le type exact. Celles-ci pénètrent dans les espaces microscopiques de l'os mort, puis'àtta-  80 SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE DE PARIS quent la matrice calcifiée ; ceci se traduit par un élargissement des espaces lacuno- canaliculaires. Ensuite, la substance minérale se redépose d'abord entre les bactér ies, nfin dans les corps bactériens eux-mêmes, constituant une sorte de tartre. L'aspect microradiographique des coupes de l'os ayant subi ce type d'attaque est caractéristique : l'os est parsemé de cavités arrondies ou ovalaires, parfois con- fluentes et de forme irrégulière. Celles-ci sont disposées en couches concentriques autour des canaux de Havers ; leur répartition correspond à la disposition des espa ces acuno-canaliculaires préexistants. Ces cavités sont radiotransparentes ou remp lies d'un matériel moins radio-opaque que la substance osseuse avoisinante et souvent limitées par une bordure très opaque aux rayons X. Ces altérations de la structure microscopique de l'os ne ressemblent pas du tout à celles qui sont provoquées par l'action de champignons. Ceux-ci creusent dans l'os des canaux de forage de calibre uniforme et régulier dont le trajet est tou jours indépendant de la texture osseuse traversée ; ils ne sont pas remplis de cri staux et leur bordure n est pas hyper minéralisée. Dans le cas considéré, cet aspect typique d'une attaque bactérienne, sous la forme de lacunes ostéocytaires agrandies, permet de déduire que l individu a été, dans un premier temps, inhumé à sa mort, pendant quelques semaines ou quel ques mois, avant d être incinéré. En effet, il faut un contact avec le sol pendant une durée de cet ordre pour que les bactéries puissent agir. D'autre part, sur un os brûlé à haute température puis mis au contact du sol, l'action de celles-ci ne peut plus se produire, car de la matrice calcifiée, qui intéresse les bactéries, il ne reste que la partie minérale. Ce n est pas la première fois que l'on rencontre cette séquence d événements (Baud, Susini et Wetz, 1986). Les marques microscopiques de l incinération sont également visibles sur les micro-radiographies sous la forme de larges craquelures partant des surfaces des canaux vasculaires (figure 1). Figure 1 — Agrandissement de la zone encadrée de la microradiographie de la fig. 4. Dans le carré 1, canal vasculaire présentant de larges craquelures dues au feu. Dans le cercle 2, lacunes ostéocytaires agrandies par l attaque bactérienne (x 107).
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